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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 20:04
Dans sa fuite en avant, le dictateur Guelleh brade le pays

Il veut définitivement rayer Djibouti de la carte et soumettre son peuple à sa patrie d'origine, l'Ethiopie. Il veut également supprimer la France de l'histoire de Djibouti et son influence dans la corne de l'Afrique, cette France qui l'a pourtant porté au pouvoir, cette France qui a formé et qui forme avec les Allemands son système sécuritaire, un des plus répressifs au monde. Cette France qui l'a pourtant ressuscité et qui continue de le faire au Val-de-Grâce avec une particulière abnégation.

Sauf que Monsieur Ismaël Omar Guelleh ne connaît même pas la notion élémentaire de remerciement. Ingratitude ou calcul politique? (Cf. Lettre de l'Océan Indien)

Houssein IBRAHIM HOUMED

DJIBOUTI Article de la Lettre de l'Océan Indien - IOG se met sous la protection d'Addis

Le plan d'intégration économique imaginé par Djibouti et l'Ethiopie voisine 
induira, à terme, une sorte d'unification politique des deux pays. Ces dernières 
semaines, des dignitaires éthiopiens l'ont reconnu à demi-mot, l'un d'entre eux 
allant même jusqu'à utiliser la formule "un seul pays, deux chefs". La volonté éthiopienne de sécuriser son débouché portuaire djiboutien n'est pas
nouvelle et, à Addis-Abeba, certains parlaient déjà en privé depuis des années 
d'une "fusion sous contrainte" avec le petit Etat voisin. Mais cette 
tendance, jusque-là latente, prend une certaine actualité, car le président 
djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh (IOG), a besoin du 
parapluie éthiopien dans divers domaines, y compris pour se garantir une 
immunité lorsqu'il aura quitté le pouvoir.

Un président affaibli - 
Le chef de l'Etat djiboutien, qui est né en Ethiopie, à Dire Dawa, et possède une maison à Addis-Abeba, commence à se faire vieux (67 ans selon sa date de naissance officielle) et son état de santé se dégrade. Il se remet d'une récente intervention chirurgicale effectuée à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, et sa capacité de mouvement est limitée. D'ailleurs, la garden party du 27 juin pour la commémoration de l'indépendance n'a pas eu lieu, pour la première fois depuis des décennies. Et lors du défilé militaire, tout avait été prévu pour ménager IOG : il ne s'est même pas levé pour rendre leur salut aux commandants des troupes. Il n'est pas non plus apparu le 21 juin à l'hôtel Kempinski pour la présentation, 
pourtant placée sous son ''haut patronage", de Djibouti. Vision 2035, un plan sur lequel le gouvernement et surtout le ministre des finances, Ilyas Moussa Dawaleh, planchent depuis des années. Enfin, les conseils des ministres, normalement hebdomadaires, s'espacent de plus en plus. 

Pas de successeur en vue 
- A plusieurs reprises, le président IOG a répété qu'il ne se 
présenterait pas aux élections de 2016 et son état de santé actuel laisse 
supposer qu'il sera contraint de tenir sa parole. Toutefois, entre 2006 et 2009, 
il avait promis qu'il ne changerait pas la Constitution pour briguer un nouveau 
mandat, ce qu'il a finalement fait. A ce jour, il ne donne pas l'impression de 
vouloir vraiment préparer sa succession. Le candidat le mieux placé pour lui 
succéder, à savoir le secrétaire général de la présidence, Ismaïl Tani, Issa/Mamassan comme IOG, est en ce moment assez mal vu de l'influente première dame, Kadra Mahamoud Haïd. En cas de recours à un 
non-Mamassan, les candidats les plus probables seraient Ilyas Moussa 
Dawaleh, l'ancien ministre de la santé Abdallah Abdillahi Miguil, voire 
l'ancien premier ministre Afar Dileita Mohamed Dileita. Mais un tel 
changement de leadership serait probablement source de fortes tensions au sein 
du Rassemblement populaire pour le progrès (RPP, parti d'IOG) et de son électorat. Ce dont la coalition d’opposition Union pour le salut national (USN),
toujours en embuscade, ne manquerait pas de profiter. Aussi, qu'IOG rempile ou 
passe la main en 2016, de sérieux troubles politiques sont à prévoir. La 
protection de l'Ethiopie pourrait alors lui être nécessaire, sachant que la 
France et les autres puissances occidentales présentes à Djibouti 
n'interviendront pas militairement en soutien au régime, sauf en cas d'agression 
extérieure avérée. 

Fusion économique 
- Nombre d'entreprises installées dans le pays ne veulent pas 
entendre parler d'une fusion avec l'Ethiopie, de crainte de voir l'économie 
djiboutienne, aujourd'hui assez ouverte, adopter le système économique de son 
voisin, souvent très protectionniste. Pourtant, les actuels projets 
d'infrastructures (voies ferrées, routes…) favorisent une intégration économique 
poussée entre les deux pays, amenant leurs gouvernements à une bonne entente 
politique. L'Ethiopie, liée à son voisin pour le transit commercial, craint au 
plus haut point de voir un jour Djibouti déstabilisé par les islamistes radicaux 
ou par l'Erythrée. De son côté, Djibouti est devenu dépendant de l'Ethiopie pour 
ses importations d'électricité, mais aussi du fait de l'octroi de terres à 
Serofta, dans l'Oromia Regional State, pour cultiver des céréales 
destinés au marché djiboutien, et de la concession d'autres terres près de 
Shinile (Est) pour le pompage de 100 000 m3 d'eau potable par jour et la 
construction d'un aqueduc de 70 km vers Djibouti. La société MAI Resources
International (Switzerland) AG, présidée par le Suisse d'origine 
koweitienne Rashad Shawa, planche sur ce dernier projet avec les 
autorités djiboutiennes. Car l'eau qui sera pompée en Ethiopie pourra ensuite 
être vendue par le petit Etat à des pays du Golfe.

Photo : Dans sa fuite en avant, le dictateur Guelleh brade le pays Il veut définitivement rayer Djibouti de la carte et soumettre son peuple à sa patrie d'origine, l'Ethiopie. Il veut également supprimer la France de l'histoire de Djibouti et son influence dans la corne de l'Afrique, cette France qui l'a pourtant porté au pouvoir, cette France qui a formé et qui forme avec les Allemands son système sécuritaire, un des plus répressifs au monde. Cette France qui l'a pourtant ressuscité et qui continue de le faire au Val-de-Grâce avec une particulière abnégation. Sauf que Monsieur Ismaël Omar Guelleh ne connaît même pas la notion élémentaire de remerciement. Ingratitude ou calcul politique? (Cf. Lettre de l'Océan Indien) Houssein IBRAHIM HOUMED DJIBOUTI Article de la Lettre de l'Océan Indien - IOG se met sous la protection d'Addis Le plan d'intégration économique imaginé par Djibouti et l'Ethiopie voisine induira, à terme, une sorte d'unification politique des deux pays. Ces dernières semaines, des dignitaires éthiopiens l'ont reconnu à demi-mot, l'un d'entre eux allant même jusqu'à utiliser la formule "un seul pays, deux chefs". La volonté éthiopienne de sécuriser son débouché portuaire djiboutien n'est pas nouvelle et, à Addis-Abeba, certains parlaient déjà en privé depuis des années d'une "fusion sous contrainte" avec le petit Etat voisin. Mais cette tendance, jusque-là latente, prend une certaine actualité, car le président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh (IOG), a besoin du parapluie éthiopien dans divers domaines, y compris pour se garantir une immunité lorsqu'il aura quitté le pouvoir. Un président affaibli - Le chef de l'Etat djiboutien, qui est né en Ethiopie, à Dire Dawa, et possède une maison à Addis-Abeba, commence à se faire vieux (67 ans selon sa date de naissance officielle) et son état de santé se dégrade. Il se remet d'une récente intervention chirurgicale effectuée à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, et sa capacité de mouvement est limitée. D'ailleurs, la garden party du 27 juin pour la commémoration de l'indépendance n'a pas eu lieu, pour la première fois depuis des décennies. Et lors du défilé militaire, tout avait été prévu pour ménager IOG : il ne s'est même pas levé pour rendre leur salut aux commandants des troupes. Il n'est pas non plus apparu le 21 juin à l'hôtel Kempinski pour la présentation, pourtant placée sous son ''haut patronage", de Djibouti. Vision 2035, un plan sur lequel le gouvernement et surtout le ministre des finances, Ilyas Moussa Dawaleh, planchent depuis des années. Enfin, les conseils des ministres, normalement hebdomadaires, s'espacent de plus en plus. Pas de successeur en vue - A plusieurs reprises, le président IOG a répété qu'il ne se présenterait pas aux élections de 2016 et son état de santé actuel laisse supposer qu'il sera contraint de tenir sa parole. Toutefois, entre 2006 et 2009, il avait promis qu'il ne changerait pas la Constitution pour briguer un nouveau mandat, ce qu'il a finalement fait. A ce jour, il ne donne pas l'impression de vouloir vraiment préparer sa succession. Le candidat le mieux placé pour lui succéder, à savoir le secrétaire général de la présidence, Ismaïl Tani, Issa/Mamassan comme IOG, est en ce moment assez mal vu de l'influente première dame, Kadra Mahamoud Haïd. En cas de recours à un non-Mamassan, les candidats les plus probables seraient Ilyas Moussa Dawaleh, l'ancien ministre de la santé Abdallah Abdillahi Miguil, voire l'ancien premier ministre Afar Dileita Mohamed Dileita. Mais un tel changement de leadership serait probablement source de fortes tensions au sein du Rassemblement populaire pour le progrès (RPP, parti d'IOG) et de son électorat. Ce dont la coalition d’opposition Union pour le salut national (USN), toujours en embuscade, ne manquerait pas de profiter. Aussi, qu'IOG rempile ou passe la main en 2016, de sérieux troubles politiques sont à prévoir. La protection de l'Ethiopie pourrait alors lui être nécessaire, sachant que la France et les autres puissances occidentales présentes à Djibouti n'interviendront pas militairement en soutien au régime, sauf en cas d'agression extérieure avérée. Fusion économique - Nombre d'entreprises installées dans le pays ne veulent pas entendre parler d'une fusion avec l'Ethiopie, de crainte de voir l'économie djiboutienne, aujourd'hui assez ouverte, adopter le système économique de son voisin, souvent très protectionniste. Pourtant, les actuels projets d'infrastructures (voies ferrées, routes…) favorisent une intégration économique poussée entre les deux pays, amenant leurs gouvernements à une bonne entente politique. L'Ethiopie, liée à son voisin pour le transit commercial, craint au plus haut point de voir un jour Djibouti déstabilisé par les islamistes radicaux ou par l'Erythrée. De son côté, Djibouti est devenu dépendant de l'Ethiopie pour ses importations d'électricité, mais aussi du fait de l'octroi de terres à Serofta, dans l'Oromia Regional State, pour cultiver des céréales destinés au marché djiboutien, et de la concession d'autres terres près de Shinile (Est) pour le pompage de 100 000 m3 d'eau potable par jour et la construction d'un aqueduc de 70 km vers Djibouti. La société MAI Resources International (Switzerland) AG, présidée par le Suisse d'origine koweitienne Rashad Shawa, planche sur ce dernier projet avec les autorités djiboutiennes. Car l'eau qui sera pompée en Ethiopie pourra ensuite être vendue par le petit Etat à des pays du Golfe.

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Published by houssein ibrahim houmed - dans HOUSSEIN IBRAHIM HOUMED
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  • : Blog dédié à toutes les victimes de la dictature djiboutienne- Houssein IBRAHIM HOUMED
  • Blog dédié  à toutes les victimes de la dictature djiboutienne- Houssein IBRAHIM HOUMED
  • : Philosophe, Diplômé de l'Université de PARIS-IV-SORBONNE, Professeur de Philosophie des lycées et de l'Université Paul Verlaine, Houssein IBRAHIM HOUMED est également JURISTE en Droit des Affaires.
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